15 août 2007
La Plaine des Cafres
Bourg Murat, août 2007.
Cher journal,
Ce week-end fut chargé d'un air frais, d'un vent froid et d'un soleil qui réchauffe pour bruler.
Cher journal, passer un week-end dans une maison à 2000m d'altitude sous les tropiques n'est pas une mince affaire. Les clichés tombent lorsque tu te balades dans la plaine ou plutôt le haut plateau, vaste pâturage boueux, peau verte tachetée d'arômes et d'agons. Derrière la colline de la Marre à boue, grisâtre et sale, se dressent dans la plaine deux petites montagnes sous le ciel déchiré et froid. Peut être est-ce là la tanière d'un dragon. Bref, nous voilà ce week-end loin des bas de notre île.
La chaleur, nous l'avions trouvé ailleurs. Nous étions plusieurs à aviver le feu et l'ambiance des bon-vivants trinquant et faisant tomber un à un les fromages fondus des raclettes.
Il y eu un tourbillon de conversations et de petites histoires. Histoires d'un soir, histoires qui roulent comme un ballon et qui se promènent parmi les vaches. Merci à tous pour ce bon souvenir.
05 août 2007
Le futur de la Réunion... futur sans lagon ?
Bien oui :
bientôt, ici, ce sera le Futur à St Pierre, sur l'île de la Réunion
Il n'y aura plus de lagon, plus de poisson.
Tous les riches aurons leur 4x4 et peut être bien que les pauvres aussi, monnayant un crédit.
Bientôt de beaux immeubles avec l'accès direct à la mer et avec l'ascenseur.
Ascenseur également pour les industries florissantes dont les cheminées feront des flammes et de la fumée visible de Madagascar.
Bientôt une agriculture préparée dans les labo avec des plantes si belles que les sabres à canne de nos planteurs seront remplacés par des tronçonneuses.
Oui ! Moi je veux voir pousser les tournesols géants générateurs d'essence, d'électricité photovoltaique et d'huile de cuisine. Et les agriculteurs leurs lancerons, à ces plantes fières tournées face au soleil, les pneus usagers (tiens et pourquoi pas les vieilles voitures aussi ?!) que les racines viendront mâcher. Oooooh c'est si beau.
Notre espace de vie sera transformé si bien que nous n'auront plus besoin d'allé nul part... de toute façon, pour visiter quoi, pour respirer quoi ? Moi je reste branché chez moi. J'en ai marre de me balader avec mon masque, mes bouteilles et mon armure de cosmonaute anti-UV.
Alors voilà :
nous serons tous heureux et nous irons nous baigner dans le jus d'ammoniac que sera devenu l'océan...
et pas même un requin pour nous faire peur !
23 juillet 2007
Rayons d'un soleil noir
28 juin 2007
Le slam crevette
LA PHOTO : St Pierre - un truc qu'un mec a dessiné sur un mur... à la bombe
UNE PETITE DEFINITION AVANT DE COMMENCER : kraken : pieuvre gigantesque mangeuse de bateaux
Il est dur de clamer que mon premier slam n’est pas une aude mais une onde.
Je le clame. Je me pose en poseur de bombe.
L’explosif ? J’opte pour l’artisanal.
J’opte pour la bombe-homme.
Attention ça crache des mots mis sous pression et qui percutent
Pour allumer la mèche : bah… j’ai ma cloppe.
Mon corps est cet atelier d'où rien ne sort en état de marche.
En moi, les ouvriers-branleurs manquent toujours de détonateur...
Alors, sur moi, je n’ai que des retardateurs.
On fera avec
…
Le tout de ma fabrication tient sur des baskets.
La bombe-homme se cache dans un pantalon et une veste.
(là il faut crier) " Mon premier slam n’est pas une aude mais une onde !!!!!!
Un kraken gigantesque contre le monde !!!!!! "
EXPLOSION !
L’explosion transforme la bombe-homme en une pieuvre géante en basket ?
Yes. ! Oui mais le kraken est pourri.
La preuve : il a gardé une forme humaine.
Des bred-locks pour les tentacules
Le zourit est nul !
Et à la place de sa bouche, un bec.
Mince : moi qui voulais un slam gigantesque,
Je déchante : mon kraken est une crevette,
Une petite pieuvre légère mais qui, ici, fait pistoresque
Mon slam bave un peu
Et il a un gros smile (avec son bec).
Et de ses tentacules (gluantes un peu), il tape fort le bitume.
Il décolle.
Partout où il passe, des flaques de colle.
Putain : c’est dégueulasse ! " Gros con ! "
Trop tard : il se barre en faisant des bons.
« Bon… bonne chance. »
Bon bonne bombe ! boum !
Tu dois toucher tout le monde !
Mais n’oublie pas : dans mon livre
Tu percutes mais tu ne blesses
ni femme, ni enfant,
ni noir, ni blanc,
ni hommes, ni éléphants.
Donc mon zourit est tout de même un kraken à l'échelle du Papi Yon
31 mai 2007
Proverbe moderne créole
ou konné : kossa ou lé dans l'marsé St Paul sous l'grand soleil. Quand ou konné pas tro si ou veut une bière ou un soda. Pens' a ce causement :
"Lo Dodo dans saumin, li faisait Cot Cot"
Bon. ça, li aide pas tro a ou, mais lé p'ète vrai...
16 mai 2007
Les sots métiers (que va-t-on perdre dans les années à venir ?)
saut : Il n'y a pas de saut métier
pelle : mais on ne trouve pas non plus de taf à la pelle...
ouvrier : Ouvriez vous donc vos yeux,
chantier : Ou chantiez vous ?
bah...
danser : "dans" c'est maintenant !
" Oui ! Dans l'fond !
Prolos ! "
Autoportrait d'un poisson coffre qui ressemble à un Marlychois (Marlychois = autre espèce de gros poisson gonflant)
J'ai remonté ce texte : ce texte d'avril devient un texte de mai. Vous imaginez bien pourquoi...
11 avril 2007
Le peuple des nuages
Le port de St Gilles les Bains le soir
J'en ai parlé qu'à deux ou trois gosses
mais sachez que la-haut ça négocie. c'est le peuple des nuages
qui tel une foule de mirages
cultivent de blancs paturages.
Les bergers, hommes sages,
s'assoient parfois sur le bord d'un nuage.
Ils fument leurs pipes qui sont des ombres également
et nous regardent tranquillement.
Parlez en aux enfants.
07 avril 2007
La Vague (Chapitre 2)
Vue du haut du Piton des Neiges - La Réunion
La petite vague était pure et exquise. Elle se croyais perdue. Déterminée dans sa quête, elle semblait être de cristal. Ce bijou parcourait ainsi l'océan en laissant derrière lui une rivière de diamants. Notre petite vague se sentait si seule et, pourtant, tout l'océan la regardait.
Du fond, les vieux galions la voyaient passer et, de leur carcasse, ils faisaient tout craquer pour glisser sur leur flan. Le bois laissait ainsi l'occasion à l'argenterie et aux vieux chandeliers dorés d'admirer filer cette étoile de surface. Les trésors cachés se mirent à rêver de liberté.
Les pétales des roses fâchées laissèrent les hommes perdu-pendu-vendu(1) à leur triste sort. Portés par le vent et les papillons(2) aux dessus des nuages, le rouge des roses blessées a vu celle dont l'habit a des reflets d'argents. La vague suivait un rayon qui caressait l'océan.
Les poissons étaient admiratifs eux aussi mais ils se posaient beaucoup de questions puisqu'ils vivaient l'océan en ébullition.
_ Les nuages parlèrent aux poissons.
_ Les nuages ?
_ Oui, ceux que le vent avait laisser tomber pour parader et chuchoter à l’oreille de celle qui gardait son regard fixé vers la lune. Ils parlaient apparemment tout deux de bourasque, de baiser, de bise, de lune...
_ Les nuages ?
_ Oui. Le vent est parti suivre la vague. Les nuages étaient devenus trop lourds et orphelins du vent. Ils n'avaient pas d'autre choix que de tomber et flotter. Ils se firent de nouveaux amis : les poissons volants.
_ Alors ?
_ Bah alors les poissons et les nuages décidèrent de signer des pétitions, d'organiser la survie des uns et des autres. Par exemple les poulpes géants promirent aux vieux galions des fond de les porter en cas d'exode. Les hippocampes qui sont les antennes entre le monde des poissons et l'océan entamèrent les négociations. L’océan était devenu instable ! (3)
...
(1) voir l'article "Diagnostic" et ses merveilleux commentaires notamment celui de la rose posté par Jo
(2) voir l'article "Mon Héro" qui est très long. On y apprend des choses sur les papillons qui un jour partirent. Les évènement se recoupent. Ainsi maintenant vous savez à quelle époque l'océan est devenu vertical.
(3) voir article "Rapatriement 1 : La Vague" et le commentaire de Gé qui nous en dit sur le role du vent dans cette affaire
04 avril 2007
La Vague (chapitre 1)
Puisque un ami souhaite le revoir,
Je le cherche parmi tous mes textes restés dans les oubliettes. Mais je suis face au mur...
Je ne fais plus cas du mur de pierre qui, face à ma colère, cède déjà.
Il fallait mon orgueil et le plus mauvais de moi,
pour que se lézardent les murs,
pour que s'enlacent et s'embrassent les fractures,
pour que tout éclate,
claque,
se plaque
sous la claque donnée au mur.
Le mur tient encore. Mais sur ses fondations, le centor vacille.
Il est mort car, dans la brèche,
La vague se dépêche,
Et, de tout son poids, lèche
Les parois qui retenaient mon histoire.
Alors mon histoire poussiéreuse sort, légère.
Mon histoire songeuse est maintenant une vague.
La vague prend forme parce que je réitère :
St Denis - Le Barachois
Une vague perdue parcourt les océans.
...
La lune intervient en guidant ses pas.
La vague ne regarde plus que la lune, sa seule amie.
Amour la tirant vers le haut, la vague grandit pour devenir
(et ça les étonne tous !) un océan vertical
oui monsieur !
Une ligne d'eau et d'oxygène vers l'espace.
oui monsieur !
Des bans de poissons d'or !
...
des éclipses de baleine !
...
et des sous-marins (yellow !) pour voyager vers la lune."
31 mars 2007
J'suis Poli-tic
Je suis poli. C'est un tic. J'suis Poli-tic.
Je me soigne. Mais mon traitement ne fera son effet qu'en mai.
Après j'espère ne plus en entendre parler de cette maladie qui me fatigue beaucoup.























