01 mars 2008
Un vieux grément : Le Hnoss
Le centre de l'océan sera toujours un marin.
Le monde tourne à la cadence du glingling de sa cuillère dans la tasse.
Et se marre le mare de café par le breuvage noir protégé de la fureur lumineuse des tropiques. Tangue le monde en bois et ne cesse de craquer. Tout brule et le mare du marin, lui, il reste au chaud bien caché des immensités.
Océan. Ciel. Nuages et Vent.
et le bois du charpentier savant.
13 septembre 2007
Paris . Jardin des Tuileries
29 mars 2007
Métaphores
Sa nuque fine ne se laisse deviner que si peu de temps, le temps d'un mouvement, le temps d'un soupir. Le bureau est de bois. C'est du cerisier. Assis face au secrétaire, face au mur tapissé, le jeune homme mordille un crayon. De longs cheveux dorés glissent sur ses joues brunes. Son visage lisse semble fatigué. Un pull de laine épouse en douceur son dos courbe.
Dans la petite chambre, l’armoire, le lit, la table de chevet et les deux tableaux vieillots se recueillent dans l’ombre. Et pour adoucir les ténèbres de la campagne environnante, l’âme de la maison de Plancouët laisse un peu partout des reflets légers de lumière tamisée. Notre écrivain est jeune. Lors de ce face à face arbitré par le silence, il ne laisse qu'au papier le privilège de sa beauté.
Kirèn (c’est son prénom) serre les poings : il est désespéré. Il pense que les couleurs avec lesquelles il écrit sont trop vives. « Trop de métaphores ! » pense-t-il finalement. « N’est-ce pas là un piège, une facilité ? ».
Au-dessus de l’abat-jour jauni de la lampe végétale, deux papillons de nuit dansent frénétiquement. L’un d’eux se pose sur l’épaule de Marie-Antoinette qui lui sourit. La petite bête ferme ses voiles. L'insecte regarde, de ses grands yeux noirs, la toile fuyante du tableau qu'il a choisit pour passer une partie de la nuit.
Le Hnoss
Baie de St Paul
Ile de la Réunion



















