05 février 2009
Le temps de ce matin
24 janvier 2008
Dois-je y voir un autre mirage ?
Où sont les belles choses et les trésors inestimables ? Où sont les vies qui enivrent et les châteaux d'Espagne ?
Ce matin, sous la chape de plomb faite de tous les mirages qui forment le monde, je l'ai croisée. J'avais bien du mal à la regarder dans les yeux. Ce matin, sous ce plomb gravé, puisque c'est écrit, soufflaient des airs légers et je restais poli.
Je ne serais vous dire ce qui m'a touché. D'un coup, de elle vers moi, allèrent tourbillonant de fines électricités. Décharges. Je suis touché... et foudroyé... mais si légèrement...
Respirez et ne voyez ici rien de grâve, rien de bien méchant. Suite à notre rencontre, j'ai attrapé un petit rhume parce que, en y repensant, je ne parle plus et ma tête tourne.
Je me soigne maladroitement :je bois. Son souvenir est mon verre d'absinte. Et dans la flamme verte de ses yeux (souvenir vaporeux), dansent tant de couleurs, et elles s'en mellent, les féériques visions ! Je fais la grimace tellement son image pétille encore ! Comment oter de ma bouche ce souvenir en ébulition ? Comment ? Son corps... mais comment ?!
Je ne guérirais pas vite : mais, "malade comme ça !", en voilà un statu fort sympathique. Je peux vous le dire : "je reste et resterais un assuré social souriant."
Je continue. Je marche en sautillant. C'est ma rencontre qui reste sous mes pieds, qui brûle : il faut que j'avance, que continue à chercher.
Où sont les belles proses et mon trésor estival ? Où sont les vins de dérive et les conteurs en pagne ?
Toutes les belles choses... ai-je la force et le droit de les atteindre ?
Atteindre ces images que je crois percevoir au loin,
là-bas,
face à la mer,
là-bas,
à l'horizon : beautés lointaines ou reflet de la terre à qui je tourne le dos. Je m'arrête une seconde.
A La Réunion, on dit que tu te heurtes au bords de l'océan, lorsque tu vas tout droit. Dois-je continuer à la nage au risque de la noyade ou simplement continuer à tourner en rond ?
Mon île-manège...
et tout ces belles chimères au loin et dedans
qui malgré moi, constituent mon cortège.
12 janvier 2008
Il vivait sur un nuage...
Il vivait sur un nuage et voilà des années qu'il voyageait ainsi.
Il regardait les autres et les objets terrestres de haut. Il ne voulait pas descendre.
Il restait la tête en l'air, heureux de ne rien avoir d'autre que le ciel bleu, les couchers de soleil et les étoiles à contempler.
Mais tous les nuages finissent par grossir et perdre de l'altitude. Forcement son gros nuage vieux de plusieurs années finit sa course accroché au sommet d'une montagne.
Fini les voyages. Alors il resta encore quelques temps. Et un nuage immobile ça grossit d'avantage.
Notre bonhomme tourna en rond.
Il réfléchit beaucoup pour rien. Ses pensées jouaient avec les oiseaux sans jamais aller trop loin.
Le bonhomme finit donc par descendre. Descendu de la montagne, il se retrouva les pieds dans la boue. Sous les gros nuages, il pleut.
21 octobre 2007
Aterrissage forcé
Les coeurs, qui sont au départ légers dans le ciel, tombent sur Terre pour s'y noyer.
Mares à boue !
Les coeurs sont embourbés.
Il faut parfois prendre l'avion
pour les voir gros comme des régions,
les coeurs le nez dans la poussière,
les amarres sans attaches soufflées vers l'arrière.
photo prise du hubblot
13 septembre 2007
Perdus du dessus
01 juillet 2007
L'encre azure
Vaincre le monde... Il sait parfois que, pour cela, il faut qu’il écrive.
Petit bonhomme tout crayonné et tout gris, il se sent au fond d’une ville aux murs sales. Et, de toute part, se dressent des remparts.
Il faut bien lever la tête pour rêver.
" Lève la tête ! "
En haut, au début, c'est le néant. Le petit homme écrit puis, sur la toile vide, le ciel arrive. Le ciel avance. Il est dur comme le fer et bleu bleu bleu... comme ce n’est pas permis.
Mais quoi lui interdire au ciel ? Au ciel tout est permis !
Alors le ciel casse des murs et il crée des horizons.
Le petit bonhomme a moins peur. Il se sent porté par l'encre azure loin des murs sales.
Il voit la mer. Il voit tout ce qu’il veut voir.
Je suis ce petit bonhomme. Et c'est moi qui raconte. Alors je n'en fais qu'à ma tête. Je me transforme en nuage pour disparaître. Allé ! Je deviens ce ciel de métal !
J'invente et, loin de la réalité, les univers apparaissent. Posez-vous et imaginez :
Un jardin et une femme sur une chaise élancée ; l’odeur du jasmin et du thé ; la lumière, qu’un feuillage épais fait danser.
Et tout peut disparaître pour laisser place a une gare, à de la brume, puis à des monts enneigés...
J'écris : cela me permet de fermer les yeux...et de dormir tranquille...
éh oui : pour me reposer il me faut un univers entier. Il faut au moins cela pour se sentir libre.
09 mai 2007
Blonde roulée
"Fumée d'une blonde fumée cherche vent joueur pour la faire danser..."
Ainsi passe par la fenêtre des pensées vagabondes et le fumeur répond. Les vapeurs grises qui n'écoutent rien se fondent. Tel est le décor.
" Corps trop bien roulé et pendue à mes lèvres. Tu es nocive.
Tu m'enrobes et, de ta robe, des instants de silence glissent sur mon coeur ainsi que dans mes pensées. Ces instants sont vapeurs d'or, gitans de ta fumée.
Tu me feras mourir... (le fumeur pense sous le ciel constellé) d'un cancer... et je t'embrasse encore."
Le fumeur tire doucement et regarde se rallumer la cendre.
"Il n'y a que toi, moi et ces instants féconds."
Le fumeur, aigri, se fait violent dans ses pensées. Il tire en faisant la grimace :
"Instants féconds ! Tu parles ! Je te méprise. Allez : brûle pour moi et nous nous consumerons."
Sa tête prise dans les cheveux de fumée,
Le fumeur sait.
Il sent la poitrine de la blonde contre son torse.
Sous la fumée, les bras de la blonde sont puissants. Il se sont resserrés il y a bien longtemps. Le fumeur est pris dans un étau.
Il peut philosopher, parler à sa blonde, il n'en reste pas moins prisonnier
Océan Indien - vue du chemin des anglais
11 avril 2007
Le peuple des nuages
Le port de St Gilles les Bains le soir
J'en ai parlé qu'à deux ou trois gosses
mais sachez que la-haut ça négocie. c'est le peuple des nuages
qui tel une foule de mirages
cultivent de blancs paturages.
Les bergers, hommes sages,
s'assoient parfois sur le bord d'un nuage.
Ils fument leurs pipes qui sont des ombres également
et nous regardent tranquillement.
Parlez en aux enfants.
07 avril 2007
La Vague (Chapitre 2)
Vue du haut du Piton des Neiges - La Réunion
La petite vague était pure et exquise. Elle se croyais perdue. Déterminée dans sa quête, elle semblait être de cristal. Ce bijou parcourait ainsi l'océan en laissant derrière lui une rivière de diamants. Notre petite vague se sentait si seule et, pourtant, tout l'océan la regardait.
Du fond, les vieux galions la voyaient passer et, de leur carcasse, ils faisaient tout craquer pour glisser sur leur flan. Le bois laissait ainsi l'occasion à l'argenterie et aux vieux chandeliers dorés d'admirer filer cette étoile de surface. Les trésors cachés se mirent à rêver de liberté.
Les pétales des roses fâchées laissèrent les hommes perdu-pendu-vendu(1) à leur triste sort. Portés par le vent et les papillons(2) aux dessus des nuages, le rouge des roses blessées a vu celle dont l'habit a des reflets d'argents. La vague suivait un rayon qui caressait l'océan.
Les poissons étaient admiratifs eux aussi mais ils se posaient beaucoup de questions puisqu'ils vivaient l'océan en ébullition.
_ Les nuages parlèrent aux poissons.
_ Les nuages ?
_ Oui, ceux que le vent avait laisser tomber pour parader et chuchoter à l’oreille de celle qui gardait son regard fixé vers la lune. Ils parlaient apparemment tout deux de bourasque, de baiser, de bise, de lune...
_ Les nuages ?
_ Oui. Le vent est parti suivre la vague. Les nuages étaient devenus trop lourds et orphelins du vent. Ils n'avaient pas d'autre choix que de tomber et flotter. Ils se firent de nouveaux amis : les poissons volants.
_ Alors ?
_ Bah alors les poissons et les nuages décidèrent de signer des pétitions, d'organiser la survie des uns et des autres. Par exemple les poulpes géants promirent aux vieux galions des fond de les porter en cas d'exode. Les hippocampes qui sont les antennes entre le monde des poissons et l'océan entamèrent les négociations. L’océan était devenu instable ! (3)
...
(1) voir l'article "Diagnostic" et ses merveilleux commentaires notamment celui de la rose posté par Jo
(2) voir l'article "Mon Héro" qui est très long. On y apprend des choses sur les papillons qui un jour partirent. Les évènement se recoupent. Ainsi maintenant vous savez à quelle époque l'océan est devenu vertical.
(3) voir article "Rapatriement 1 : La Vague" et le commentaire de Gé qui nous en dit sur le role du vent dans cette affaire
04 avril 2007
La Vague (chapitre 1)
Puisque un ami souhaite le revoir,
Je le cherche parmi tous mes textes restés dans les oubliettes. Mais je suis face au mur...
Je ne fais plus cas du mur de pierre qui, face à ma colère, cède déjà.
Il fallait mon orgueil et le plus mauvais de moi,
pour que se lézardent les murs,
pour que s'enlacent et s'embrassent les fractures,
pour que tout éclate,
claque,
se plaque
sous la claque donnée au mur.
Le mur tient encore. Mais sur ses fondations, le centor vacille.
Il est mort car, dans la brèche,
La vague se dépêche,
Et, de tout son poids, lèche
Les parois qui retenaient mon histoire.
Alors mon histoire poussiéreuse sort, légère.
Mon histoire songeuse est maintenant une vague.
La vague prend forme parce que je réitère :
St Denis - Le Barachois
Une vague perdue parcourt les océans.
...
La lune intervient en guidant ses pas.
La vague ne regarde plus que la lune, sa seule amie.
Amour la tirant vers le haut, la vague grandit pour devenir
(et ça les étonne tous !) un océan vertical
oui monsieur !
Une ligne d'eau et d'oxygène vers l'espace.
oui monsieur !
Des bans de poissons d'or !
...
des éclipses de baleine !
...
et des sous-marins (yellow !) pour voyager vers la lune."
























