19 avril 2008
Les oiseaux sont petits
"Etudier les oiseaux c'est s'imprégner de l'immensité de ce monde"
Papi Yon sur une pierre - Cascade du Chandron
01 mars 2008
Un vieux grément : Le Hnoss
Le centre de l'océan sera toujours un marin.
Le monde tourne à la cadence du glingling de sa cuillère dans la tasse.
Et se marre le mare de café par le breuvage noir protégé de la fureur lumineuse des tropiques. Tangue le monde en bois et ne cesse de craquer. Tout brule et le mare du marin, lui, il reste au chaud bien caché des immensités.
Océan. Ciel. Nuages et Vent.
et le bois du charpentier savant.
29 février 2008
Maroc - Mai 2006 - Blues d'un touriste
Je ne suis qu'un détail,
Bête, figure du bétail.
Une vache à lait.
Un ours pato dans un pays chaud.
Un poisson collé à la vitre et l'aquarium roule.
Crevette que l'on cuisine.
Et je me sens dans la masse
Une masse que l'on déplace.
Déchargée au soleil, elle est ravie.
Et je continue :
Donc : un touriste, l'ombre et, biensur, l'ennui que l'ombre suit.
Je suis un peu la peur aussi.
Je suis le pied dans le sable,
Et celui que le vent contourne.
Tournent les vents des sables.
Tournent et changent les avis,
Humeurs qui s'échappent, fondent à reculons.
Retour vers le petit monde intérieur
Retranché derrière la vitre et si loin du désert,
Paysage derrière le verre.
24 janvier 2008
Dois-je y voir un autre mirage ?
Où sont les belles choses et les trésors inestimables ? Où sont les vies qui enivrent et les châteaux d'Espagne ?
Ce matin, sous la chape de plomb faite de tous les mirages qui forment le monde, je l'ai croisée. J'avais bien du mal à la regarder dans les yeux. Ce matin, sous ce plomb gravé, puisque c'est écrit, soufflaient des airs légers et je restais poli.
Je ne serais vous dire ce qui m'a touché. D'un coup, de elle vers moi, allèrent tourbillonant de fines électricités. Décharges. Je suis touché... et foudroyé... mais si légèrement...
Respirez et ne voyez ici rien de grâve, rien de bien méchant. Suite à notre rencontre, j'ai attrapé un petit rhume parce que, en y repensant, je ne parle plus et ma tête tourne.
Je me soigne maladroitement :je bois. Son souvenir est mon verre d'absinte. Et dans la flamme verte de ses yeux (souvenir vaporeux), dansent tant de couleurs, et elles s'en mellent, les féériques visions ! Je fais la grimace tellement son image pétille encore ! Comment oter de ma bouche ce souvenir en ébulition ? Comment ? Son corps... mais comment ?!
Je ne guérirais pas vite : mais, "malade comme ça !", en voilà un statu fort sympathique. Je peux vous le dire : "je reste et resterais un assuré social souriant."
Je continue. Je marche en sautillant. C'est ma rencontre qui reste sous mes pieds, qui brûle : il faut que j'avance, que continue à chercher.
Où sont les belles proses et mon trésor estival ? Où sont les vins de dérive et les conteurs en pagne ?
Toutes les belles choses... ai-je la force et le droit de les atteindre ?
Atteindre ces images que je crois percevoir au loin,
là-bas,
face à la mer,
là-bas,
à l'horizon : beautés lointaines ou reflet de la terre à qui je tourne le dos. Je m'arrête une seconde.
A La Réunion, on dit que tu te heurtes au bords de l'océan, lorsque tu vas tout droit. Dois-je continuer à la nage au risque de la noyade ou simplement continuer à tourner en rond ?
Mon île-manège...
et tout ces belles chimères au loin et dedans
qui malgré moi, constituent mon cortège.
12 janvier 2008
Il vivait sur un nuage...
Il vivait sur un nuage et voilà des années qu'il voyageait ainsi.
Il regardait les autres et les objets terrestres de haut. Il ne voulait pas descendre.
Il restait la tête en l'air, heureux de ne rien avoir d'autre que le ciel bleu, les couchers de soleil et les étoiles à contempler.
Mais tous les nuages finissent par grossir et perdre de l'altitude. Forcement son gros nuage vieux de plusieurs années finit sa course accroché au sommet d'une montagne.
Fini les voyages. Alors il resta encore quelques temps. Et un nuage immobile ça grossit d'avantage.
Notre bonhomme tourna en rond.
Il réfléchit beaucoup pour rien. Ses pensées jouaient avec les oiseaux sans jamais aller trop loin.
Le bonhomme finit donc par descendre. Descendu de la montagne, il se retrouva les pieds dans la boue. Sous les gros nuages, il pleut.
05 janvier 2008
Devinette pour la nouvelle année :
Deux grands yeux ouverts sur l'infini debout.
Qui suis-je ?
réponse : 2008
2 : deux
00 : grands yeux ouverts sur
8 : l'infini debout
01 janvier 2008
2008
Pourquoi ne pas dire que le 1er janvier est une rangée de pierres angulères ? 2008 est donc un nouveau mur à longer.
28 octobre 2007
Les Pensées Ecrites
Aveugles et ivres,
Elles montent haut le temps d’un soupir
Pour finir poussière dans un livre.
Confettis dans une bibliothèque
Qui dans 100ans, feront 1 seconde de sourire
D’un vieil homme penché sur un discours d’aztèque.
Les papillons se nichent dans la poussière épaisse pour perdre leurs couleurs et devenir “de nuit” pour quelques insomiaques, loin du jour et de la vie.
21 octobre 2007
Les Grandes Terres - Marly le Roi
Voici un lieu que je connais bien. C'est un lieu de vie magnifique où jouent les enfants et se promènent les anciens.
J'aimerais y voir se promener un peu plus ce sentiment de fièreté d'y habiter. Les gens sont polis et, dans l'ensemble, gentils.
J'aimerais y voir, sur ces pelouses, des peintres avec leurs chevalets. J'aimerais voir, les midis d'été, des nappes sous les arbres, des enfants qui jouent sans faire de bruit à coté du papa qui fait sa sieste.
J'aimerais y voir, sur les bancs, des discutions animées entre des vieux cons et des ados insolents... ça se traiterait de tout les noms... ça se balancerait désaccord sur désaccord... mais au final ils seraient inséparables.
J'aimerais y voir autre chose que des professionnels pour jardiner.
Et où sont les joueurs d'échec et leurs tables ? ...
les bricoleurs...
les hydrauliciens de bassin du dimanche...
les cerf volants trop souvent dans les arbres...
et sur les balcons, les divas sortant des douches...
les jolies filles qui regardent les garçons du hauts de leur 15 ans ...
des petits groupes d'anciens qui se marrent autour d'un thé, d'un café, et d'une partie de dominos...
Des faiseurs de Taï Shi sous les arbres pour capter les énergies qui trainent...
Il y a quelques années, les jours d'été, quand, ado, je m'ennuyais, je pensais à ce charivari de vie dans ce décors de feuilles bruissant au vent. Je rêvais et le bagou d'une tondeuse venait systématiquement me bercer.
Je ne rêvais pas de digicodes. A ça non !
Aterrissage forcé
Les coeurs, qui sont au départ légers dans le ciel, tombent sur Terre pour s'y noyer.
Mares à boue !
Les coeurs sont embourbés.
Il faut parfois prendre l'avion
pour les voir gros comme des régions,
les coeurs le nez dans la poussière,
les amarres sans attaches soufflées vers l'arrière.
photo prise du hubblot



















