Le Blog Merveilleux de Yann

De mon île, on voit passer les alizés. Moi, sur le versant nord du volcan, je hume, j'attrape et je jette sur la toile ce qui passe. La table est prête. Je vous invite.

23 décembre 2008

Noir et amer

" Le récit... le récipient... tel une tasse dans laquelle fume le café, cet homme est noir dedans.

Légèrement, en lui, un liquide corsé. Cela tourne : l'homme est chaud bouillant.

Dans la douceur des tourments, cette chaleur cache un homme pas parfait mais charmant.

Attention !
S'il boue,
si-il-y-a-é-bul-li-tion,
il deviendra amer,
mare à boue,
marabou de mauvais goût et écœurant.
Alors des bords émaille et porcelaine, se dessinera, comme dans les films d'horreur, un sourire méchant et fou.

Mais il peut, aussi, noisette, trouver une crème, une femme de lait, pour apaiser sa haine dans une petite cascade de blanc.

Je suis témoin de cette tasse sur le fil du rasoir. Je suis femme qui regarde de haut cette histoire.

De mes danses dispersées, je me retourne souvent dans des mouvements amples, esquissés, pour vivre quelques secondes, amoureuse, blanche, finement drapée, l'envie d'y replonger dans mon homme noir de café. Mais, comme les pensées, je ne suis pas faite pour rester.

Cette histoire est triste mais éphémère. La voici finissant dans le fond d'un gosier content qu'elle soit forte et amer.

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26 octobre 2008

Automne soufflée

"Blue Massilia." de Charles Imaz (cliquez voir sur ce titre)

La lumière d'automne
aujourd'hui m'étonne.
Cette douceur,
au vent, en scooter,
est partie.
Entre elle et moi,
un désert,
un continent,
une mer et un océan.

L'infini.

J'ai le spleen de ne plus voir de mouettes
J'ai le coeur serré de penser aux pluies de feuilles sèchées,
or,
rouge orangées.
Automnes frais, froids, lumineux,
Lumière de mes souvenirs d'enfance,
d'adolescence,
d'avant ici... berce moi doucement dans mon antre perdue...
dans un épais pull filé de silence bien entendu.

Posté par Papi Yon à 11:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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11 octobre 2008

Etrange promenade

Connaissez-vous une de ces promenades au bord de la mer ? Avez-vous déjà traîné, derrière votre personne quelque peu négligée, une démarche tranquille sur un de ces dimanches soirs comme on promène un petit chien rigolo mais au regard triste ?

Imaginez alors que cette promenade est peuplée de passants nonchalants et de jeunes couples. Les uns laissent naviguer leurs pensées solitaires entre le ciel et l’eau. Et les autres, dans des bulles, centrent leur attention sur les exploits quotidiens de leur progéniture chevauchant un tricyclique en plastique. Les enfants dessinent, le bras tendu, armé d'un jouet tout en couleur, des courbes, des dessins éphémères, dans l'herbe, le sable et l'air.

Voici les comédiens du théâtre humain du moment.

Pendant ce temps, le soleil semble s’assouplir dans un canapé de nuages. Il ne tardera pas à plonger doucement dans les bras de Poséidon. Encore heure a savourer avant que tombe la nuit. Vous n'êtes pas encore convaincu que le week-end est fini. Vous en profitez à cette façon qui fait des dimanches soirs de notre monde pressé les soirs les plus emplis de calme.

Une personne devant vous regarde l’océan. Puis, quelques mètres plus loin, ils sont deux à regarder dans cette même direction et ils commentent en s’exclamant. Mais ils commentent quoi ? Et en cherchant à comprendre, on cherche des indices. Sur l’océan, rien. De plus en plus de gens font point sur la courbe de la jetée et regardent la même chose. Mais, dans un premier temps, indigné, vous ne voyez rien. Vous continuez donc à décrypter leurs réactions. Vous choppez au vent quelques brides de phrases.

Oui. Vous avez compris. Le voile se lève sur la nature du spectacle que donne l’océan mais vous restez figé sur les spectateurs. Leur main est levée et droite en guise de visière au front.

Ils regardent une baleine, voilà tout.

C’est leur réaction qui vous interpelle : une réaction que vous trouvez plus énorme que le cétacé. Une force se dégage de leur attitude commune, de leur être tourner vers l’océan à la recherche d’une bosse apparaissant et disparaissant sous les flots.

Ils sont étonnamment beaux... mais pourquoi ?

Tout simplement parce que cette petite foule regarde loin, la face levée au vent. Nous sommes parfois un petit peuple qui regarde vers la mer en oubliant le monde derrière.

Dehors la société des espaces confinés et des petits-mondes-réseaux (déesse borgne et mal coiffée) pour regarder un tableau, un film réel qui ne dégage rien d’autre que de la beauté tendre et sauvage en mouvement dans un paysage immense et pur.

(texte écrit en août et rendu plus lisible ce week end)

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11 juin 2008

M. Robert

Près de la mer, j'ai croisé M. Robert.

Assis au Barachois,
sur un banc,
sous ces arbres aux fruits salés,
à la lumière d'un réverbère,
dans ce parc où passent des rats,
dans la nuit,
sous les alizés, à cette époque, froids,
je fumais une cigarette.

C'est alors qu'est venu M. Robert pour me parler.

M. Robert est bossu, ventru, avec un t-shirt sale et des savates deux doigts. M. Robert ne marche pas droit. Il semble qu'il tienne debout en se raccrochant à sa bière.

M. Robert à un visage marqué, buriné, avec un nez transformé en éponge sensible attirant toutes les effluves alcoolisées, pourquoi pas celles de sa bière dans ce froid.

Ce nez, est-ce une autre manière de tenir debout ? M. Robert s'est arrêté.
Il a laissé passer quelques bourrasques faisant danser cannettes, papiers, cartons de pizza froids et délaissés. Puis l'homme à la dérive approcha lentement mon banc comme un petit bateau approche un port.

Voilà : Nous étions tous les deux au banc amarrés. Entre nous deux la petite bouteille en verre qui bientôt sera peut être bouteille à la mer, vide, sans message... sous ce vent, ces nuages !

Dans sa main droite et dans ma main gauche brulaient maintenant pour chacun une roulée. Les fumées de cigarette, avec force, s'échappaient. Nous, on restait.

Nous avons fini par causer puisque nous regardions tout deux la même chose : la procession des feux rouges des véhicules motorisés, au loin, au pied de la falaise, au surplomb de l'océan indien.

Les voitures étaient loin.
Les gens étaient fous.
Il était difficile pour M. Robert d'exprimer ces idées.

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03 juin 2008

Aveugle

Je pense que les aveugles sont plus en proie à leurs propres émotion pour la simple raison qu'ils ne peuvent pas se regarder de temps en temps dans une glace.

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21 avril 2008

Contre la toux.

_ qkeuhe qkeuhe

_ oulala. Scarab (nom inventé pour l'occasion). Tu tousses grave. Tu devrais arrêter de fumer. Eyh. Et puis prends des tisanes avec du miel. Je ne sais pas : prend du sirop.

_ Et puis je devrais peut être te percer les oreilles : ça pourrait résoudre le problème. T'es pas d'accord, Papi Yon ?

Après, moi, je n'ai plus oser rien dire.

Scène de la vie quotidienne - Dialogue

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19 avril 2008

Recherche infructueuse (puisque ça manque de classe)

"J'veux ma tasse té
oté
oté
oté
oté "

Papi Yon, au boulot, qui cherche sa tasse sur un air de Doc Gynéco

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Tu t'exites !?

"_ oté !
_ non. Plutôt au café frère ! "

Deux dalons imaginaires

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Pour un calin,

"non..."

Une légion d'amazones qui opèrent dans les soirées, belles, discrètes et solitaires

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Les oiseaux sont petits

"Etudier les oiseaux c'est s'imprégner de l'immensité de ce monde"

Papi Yon sur une pierre - Cascade du Chandron

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